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La prévention du cancer de la prostate ne passera pas par le sélénium !

Des stratégies nutritionnelles telles que la supplémentation alimentaire en sélénium ont été évaluées pour la prévention de cancers, en particulier la prévention des cancers cutanés non mélanocytaires. (1).
Bien que le sélénium n'ait pas réduit leur incidence, des analyses accessoires ont suggéré qu'il induisait une diminution de la fréquence du cancer de la prostate (CaP), du poumon et du côlon (2).
En conséquence, des études ont été lancées pour évaluer l'effet des différentes formes de sélénium sur différents stades du cancer de la prostate. L'essai de phase 3, randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, intitulé The Negative Biopsy Trial(NBT), mené, donc, chez des patients à biopsie négative, a examiné l'influence de la supplémentation en levure enrichie au sélénium sur l'incidence du CaP. Un objectif secondaire était de déterminer si la supplémentation en sélénium inhibe la progression biochimique du CaP mesurée par les variations des taux sériques de PSA dans le temps (la « vélocité » du PSA).


L'étude, dont la méthodologie a été précédemment décrite (3), a été mené aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande chez 699 hommes de moins de 80 ans et à risque élevé de CaP (PSA > 4 ng/mL et/ou toucher rectal suspect et/ou vélocité du PSA > 0,75 ng/mL/an), mais avec une biopsie de la prostate négative. Les participants ont été randomisés pour recevoir quotidiennement soit un placebo oral (N = 232), soit une levure enrichie par 200 mg (N = 234) ou 400 mg (N = 233) de sélénium. Ils ont été suivis tous les 6 mois pour une durée maximale de 5 ans ; la durée médiane de suivi a été respectivement de 36,8 mois, 35,4 mois et 35,0 mois (P = 0,31). Le temps de diagnostic de CaP (sur biopsie) a été comparé entre les groupes en utilisant le modèle de Cox.
Au total, un diagnostic de CaP a été posé au cours du suivi pour 74 patients (10,6 %). Comparativement au placebo, les ratios de risque de développer un CaP [intervalle de confiance à 95 %] sous sélénium 200 mg / jour ou 400 mg/ jour étaient respectivement de 0,94 [0,52, 1,7] et 0,90 [0,48, 1,7]. Après ajustement pour l'âge, la concentration de sélénium plasmatique et le PSA sérique à l'inclusion, le délai avant le diagnostic de CaP n'a pas été significativement différent entre les groupes. La vélocité du PSA dans les bras sélénium n'a pas non plus été significativement différente de celle observée dans le groupe placebo (respectivement, P = 0,18 et P = 0,17). L'augmentation progressive du nombre de prélèvements biopsiques au cours du temps (de six ou moins à plus de six, selon l'évolution des standards) a entraîné une augmentation du taux de détection du CaP, sans entraîner de conséquence en termes statistiques sur les résultats.

La supplémentation en sélénium semble donc n'avoir aucun effet sur l'incidence du CaP chez les hommes à haut risque, ce qui semble confirmer les résultats de l'essai SELECT réalisé chez des patients avec un PSA < 4 ng/mL et un toucher rectal non suspect (4).


Dr Gérard Loeb (JIM)

Dernière modification lemardi, 11 novembre 2014 00:06

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